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« Maurice Halbwachs » : différence entre les versions

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{{Voir homonymes|Halbwachs}}
'''Maurice Halbwachs''' est un [[sociologue]] français de l'école [[durkheim]]ienne né à [[Reims]] le [[11 mars]] [[1877]] et mort en déportation à [[Buchenwald]] le [[16 mars]] [[1945]]. Il est l'auteur d'une thèse sur ''[[La classe ouvrière et les niveaux de vie]]'', et son œuvre la plus célèbre étudie le concept de [[mémoire collective]], qu'il a créé.
{{Infobox Biographie2|charte=historien}}
'''Maurice Halbwachs''' est un [[sociologue]] français de l'école [[Émile Durkheim|durkheimienne]] né à [[Reims]] le {{Date|11|mars|1877}} et mort en déportation à [[Buchenwald]] le {{Date|16|mars|1945}}.


Il est l'auteur d'une thèse intitulée « La classe ouvrière et les niveaux de vie ». Un de ses livres les plus connus, ''Les Cadres sociaux de la mémoire'', se concentre sur la dimension sociale de la mémoire, avec un accent particulier sur la [[mémoire collective]]. Par ce travail, il a contribué à en faire un champ d'étude sociologique distinct.
Halbwachs est le fils d’un professeur d’allemand au Lycée de Reims. Il est agrégé de philosophie, docteur en droit et ès lettres, est nommé maître de conférences de philosophie à la faculté de lettres de [[Caen]] puis, en 1919, professeur de sociologie à la faculté de [[Strasbourg]]. En 1935, il obtient une chaire à la [[Sorbonne]]. Halbwachs voyage beaucoup et est nommé président de l’[[Institut français de sociologie]] en 1938. Le 10 mai 1944, il est élu à la chaire de psychologie collective au [[Collège de France]] mais le 23 juillet, il est arrêté par la [[Gestapo]], quelques jours après son fils Pierre, quelques mois après l’assassinat de ses beaux-parents [[Victor Basch|M. et Mme Basch]]. Il est interné à [[prison de Fresnes|Fresnes]] puis déporté à Buchenwald, où il meurt.


== Biographie ==
Auteur de nombreux ouvrages de sociologie, son œuvre, toute entière dans le sillage de [[Durkheim]], a été néanmoins marquée par l’influence de [[Henri Bergson|Bergson]] dont il fut l’élève.
=== Famille et formation ===
Maurice Halbwachs est le fils de Gustave Halbwachs<ref>[https://www.cairn.info/revue-francaise-de-sociologie-2016-1-page-71.htm Voir sur ''cairn.info''.]</ref>, professeur d’allemand au lycée de Reims et au [[lycée Saint-Louis]] de Paris ; il a une sœur, la professeure de philosophie [[Jeanne Halbwachs]]<ref>{{Lien web|url=https://maitron.fr/spip.php?article87243|titre= Cédric Weis, Jeanne Alexandre (1890-1980). Une pacifiste intégrale |date=3 avril 2010 |auteur=Nicole Racine |consulté le=27 mai 2020|site=[[Le Maitron]]}}.</ref>.


Il est élève à l’[[École normale supérieure (France)|École normale supérieure]] (promotion 1898), disciple d'[[Émile Durkheim]] (il entre dans l'équipe de ''[[L'Année sociologique]]'' en 1905, probablement grâce à [[François Simiand]]), il est agrégé de philosophie (reçu troisième en 1901)<ref>{{Lien web|titre=Les agrégés de l'enseignement secondaire. Répertoire 1809-1960 {{!}} Ressources numériques en histoire de l'éducation|url=http://rhe.ish-lyon.cnrs.fr/?q=agregsecondaire_laureats&nom=&annee_op==&annee%5Bvalue%5D=1901&annee%5Bmin%5D=&annee%5Bmax%5D=&periode=4&concours=14&items_per_page=100|site=rhe.ish-lyon.cnrs.fr|consulté le=2016-10-22}}.</ref>, docteur en droit (1909) et en lettres, avec une thèse sur « Quetelet et la statistique morale », et une autre sur « La classe ouvrière et les niveaux de vie » (1913).


Il enseigne à [[Constantine (Algérie)|Constantine]] de {{date-|décembre 1901}} à {{date-|mai 1902}}<ref>{{Article |langue=fr |prénom1=Christian |nom1=Topalov |titre=Maurice Halbwachs et les sociologues de Chicago |périodique=Revue française de sociologie |volume=47 |numéro=3 |date=2006 |issn=0035-2969 |issn2=1958-5691 |doi=10.3917/rfs.473.0561 |lire en ligne=http://www.cairn.info/revue-francaise-de-sociologie-1-2006-3-page-561.htm |consulté le=2020-05-29 |pages=561 }}</ref>, puis à [[Montpellier]] de mai à {{date-|octobre 1902}}<ref>{{Article |langue=fr |prénom1=Christian |nom1=Topalov |titre=Maurice Halbwachs, photographe des taudis parisiens (1908) |périodique=Genèses |volume=28 |numéro=1 |date=1997 |issn=1155-3219 |doi=10.3406/genes.1997.1469 |lire en ligne=https://www.persee.fr/doc/genes_1155-3219_1997_num_28_1_1469 |consulté le=2020-05-29 |pages=128–145 }}</ref>. De 1902 à 1908, il se met en congé pour reprendre ses études de droit, il est lecteur à l'[[université de Göttingen]], où il séjourne en 1903-1904, et où il écrit un ouvrage sur [[Leibniz]], tout en s'initiant à l'économie politique allemande<ref>{{Ouvrage|nom1=Mesure, Sylvie.|nom2=Savidan, Patrick, 1965-|titre=Dictionnaire des sciences humaines|éditeur=PUF|date=2006|isbn=2-13-055710-4|isbn2=978-2-13-055710-4|oclc=300851577|lire en ligne=https://www.worldcat.org/oclc/300851577|consulté le=2020-05-29}}</ref>. En 1909 il voyage à Berlin, où il est correspondant de ''[[L'Humanité]]'' mais, après un article relatant la répression d'une grève par la police, il est expulsé<ref>{{Article |langue=fr |prénom1=Antonin |nom1=Durand |titre=Le voyage de Maurice Halbwachs à Berlin et Vienne en 1910-1911 |périodique=Genèses |volume=110 |numéro=1 |date=2018 |issn=1155-3219 |issn2=1776-2944 |doi=10.3917/gen.110.0115 |lire en ligne=http://www.cairn.info/revue-geneses-2018-1-page-115.htm |consulté le=2020-05-29 |pages=115 }}</ref>. Il est professeur au lycée de Reims de 1908 à 1909, et à Tours de 1910 à 1914.
==Source==


Il épouse en deuxièmes noces Yvonne Basch<ref>Yvonne Basch est née le 5 mars 1889 à [[Rennes]] et est morte le 7 mai 1975 à [[Aix-en-Provence]]. Voir, {{en}} [https://www.geni.com/people/Yvonne-Halbwachs/6000000031514695962 Yvonne Halbwachs (Basch). geni.com.]</ref>, fille de [[Victor Basch]], cofondateur avec [[Ludovic Trarieux]] et [[Lucien Herr]] puis président de la [[Ligue française pour la défense des droits de l'homme et du citoyen]]. Ensemble, ils auront deux fils : Pierre et [[Francis Halbwachs|Francis]].
{{La vie rémoise}}


=== Carrière universitaire ===
== Œuvres (liste non exhaustive)==
[[Image:Envoi Dumézil à Halbwachs.JPG|left|vignette|Envoi autographe de [[Georges Dumézil]] à Maurice Halbwachs.<br />Fonds Maurice Halbwachs de la [[Bibliothèque de sciences humaines et sociales Paris Descartes-CNRS]].]]
Il est professeur de philosophie au [[lycée Henri-Poincaré]] de Nancy (1914-1918). Mobilisé, il travaille au [[Liste des ministres français de l'Armement|ministère de l'Armement]] avec [[Albert Thomas (homme politique)|Albert Thomas]] de {{date-|mai 1915}} à {{date-|octobre 1917}}. Il est nommé maître de conférences de philosophie à la [[université de Caen Basse-Normandie|faculté de lettres de Caen]] puis, en 1919, professeur de sociologie à la faculté de [[Strasbourg]] redevenue française, et dont l'Etat veut faire une vitrine de la reconstruction. Il y côtoie les historiens [[Lucien Febvre]] et [[Marc Bloch]], mais aussi le psychologue [[Charles Blondel]], avec qui il entretient des rapports intellectuels étroits mais ambivalents, à la fois amicaux et rivaux. Il y participe à une expérience pédagogique originale par un cours commun de statistique avec le mathématicien [[Maurice Fréchet]] à l'Institut Commercial d'Enseignement Supérieur nouvellement créé, et rédige avec lui "Le Calcul des probabilités à la portée de tous" <ref>Laurent Mazliak, "La mission strasbourgeoise de Maurice Fréchet"[https://images.math.cnrs.fr/La-mission-strasbourgeoise-de-Maurice-Frechet]</ref>.


En 1930, il participe au troisième [[Cours universitaires de Davos|cours universitaire de Davos]], avec de nombreux autres intellectuels français et allemands<ref>Martin Grandjean, ''[https://serval.unil.ch/resource/serval:BIB_S_000000015950.P002/REF Les cours universitaires de Davos 1928-1931. Au centre de l'Europe intellectuelle]'', Université de Lausanne, 2011</ref>, et est ''visiting professor'' à l'université de Chicago, où il fait la connaissance de [[Ernest Burgess]] et [[Robert E. Park]]. En 1935, Halbwachs obtient une chaire à la [[Sorbonne]]. Il y officie successivement en qualité de suppléant d'histoire de l'[[économie sociale]] (1935-1937), professeur de [[méthodologie]] et logique des sciences (1937) puis professeur de sociologie (1939)<ref>{{Article |prénom1=Christophe |nom1=Charle |titre=46. Halbwachs (Louis, Maurice) |périodique=Publications de l'Institut national de recherche pédagogique |volume=2 |numéro=2 |date=1986 |lire en ligne=https://www.persee.fr/doc/inrp_0298-5632_1986_ant_2_2_2739 |consulté le=2020-09-11 |pages=99–101 }}</ref>.
* ''[[La classe ouvrière et les niveaux de vie]]'' (thèse de doctorat), Alcan, Paris, 1913 [http://classiques.uqac.ca/classiques/Halbwachs_maurice/classe_ouvriere/classe_ouvriere.html lire en ligne]
* ''[[Les cadres sociaux de la mémoire]]'', Alcan, 1925 [http://classiques.uqac.ca/classiques/Halbwachs_maurice/cadres_soc_memoire/cadres_soc_memoire.html lire en ligne]
* ''[[Les causes du suicide]]'', 1930 [http://classiques.uqac.ca/classiques/Halbwachs_maurice/causes_du_suicide/causes_du_suicide.html lire en ligne]
* ''[[La topographie légendaire des Évangiles en Terre Sainte; étude de mémoire collective]]'', 1941
* ''[[La mémoire collective]]'' 1950 [http://classiques.uqac.ca/classiques/Halbwachs_maurice/memoire_collective/memoire_collective.html lire en ligne]


Halbwachs voyage beaucoup (notamment en Égypte ou au Moyen-Orient à deux reprises, pour son étude sur les lieux saints<ref>{{Ouvrage|auteur1=Maurice Halbwachs|titre=La topographie légendaire des Évangiles en Terre sainte: étude de mémoire collective|éditeur=PUF|date=2017|isbn=978-2-13-078897-3}}</ref>) et est nommé président de l’[[Institut français de sociologie]] en 1938.
== Bibliographie ==
* [[Christian Baudelot]], Marie Jaisson, ''Maurice Halbwachs, sociologue retrouvé'', Collection Figures normaliennes, éditions rue d'Ulm, 2007 - ISBN 978-2-7288-0387-3. [http://www.presses.ens.fr/cgi-bin/automaton2.pl], 168 pages
* Jean-Christophe Marcel, "Mauss et Halbwachs: vers la fondation d’une psychologie collective (1920-1945)”, ''Sociologie et sociétés'', vol 36, no 2, automne 2004, pp. 73-90. Montréal : Les Presses de l’Université de Montréal. [http://classiques.uqac.ca/contemporains/marcel_jean_christophe/mauss_et_halbwachs/mauss_et_halbwachs.html lire en ligne] (Autorisation formelle de l’auteur accordée le 14 juin 2005)


=== Déportation au camp de Buchenwald ===
==Liens externes==
Dès 1938, il participe à l’accueil d’intellectuels juifs fuyant l’Allemagne et l’Autriche et les persécutions nazies. En 1940, il rejoint le réseau de renseignements Thermopyles. Sa belle-famille, son épouse, Yvonne Basch<ref>{{en}} [https://forward.com/schmooze/162264/maurice-halbwachs-a-kaddish-from-baudelaire/ Benjamin Ivry. Maurice Halbwachs: A Kaddish From Baudelaire. forward.com. Septembre 6, 2012.]</ref>, et donc ses fils sont de confession juive et subissent eux-mêmes les persécutions. Il intervient en leur faveur à plusieurs reprises mais ne peut empêcher l'exécution sommaire de ses beaux-parents, réfugiés en [[zone libre]], par la [[Milice française|Milice]] en 1944.


Le {{date-|10 mai 1944}}, il est élu à la chaire de psychologie collective au [[Collège de France]].
*[http://www.college-de-france.fr/site/ins_dis/p1075896834037.htm Notice du Collège de France] (www.college-de-france.fr)
*[http://classiques.uqac.ca/classiques/Halbwachs_maurice/halbwachs.html Ouvrages d'Halbwachs et sur Halbwachs en ligne sur le site de l'Université du Quebec à Chicoutimi] (classiques.uqac.ca)


En juillet 1944 son fils Pierre est arrêté par la [[Gestapo]] en tant que résistant. Le {{date-|26 juillet}}<ref>Lettre du 27 juillet 1944 d'Yvonne Halbwachs à Edmond Faral. Archives du Collège de France, dossier 16 CDF 182, art. 8.</ref>, il subit le même sort, en tant que père d'un « terroriste ». Interné à [[Maison d'arrêt de Fresnes|Fresnes]] puis déporté par le [[Convoi des 57000|convoi du 15 août 1944]] à [[Buchenwald]], il y meurt de la [[dysenterie]]<ref>{{Article |prénom1=Nicolas |nom1=Haesler |titre=Dominique Orlowski, Buchenwald par ses témoins. Histoire et dictionnaire du camp et ses Kommandos |périodique=Lectures |date=2015-03-23 |issn=2116-5289 |doi=10.4000/lectures.17448 |lire en ligne=http://dx.doi.org/10.4000/lectures.17448 |consulté le=2021-10-10 }}</ref>.
{{Portail sociologie}}


[[Jorge Semprún]], déporté avec lui, a raconté ses conversations avec le sociologue mourant<ref>Voir ''[[L'Écriture ou la Vie]]'', [http://www.anti-rev.org/textes/Semprun90a/index.html ''Le Travail de l'histoire''] et [http://www.fabula.org/actualites/article36365.php ''Une tombe au creux des nuages'', Climats, 2010].</ref>.
{{DEFAULTSORT:Halbwachs, Maurice}}
[[Catégorie:Sociologue français]]
[[Catégorie:Normalien]]
[[Catégorie:Déporté]]
[[Catégorie:Mort en camp de concentration]]
[[Catégorie:Mémoire collective]]
[[Catégorie:Naissance en 1877]]
[[Catégorie:Décès en 1945]]
[[Catégorie:Né à Reims]]


== Œuvre sociologique ==
[[de:Maurice Halbwachs]]
[[Image:Maurice Halbwachs Cadres sociaux de la mémoire maitrier.jpg|vignette|gauche|Couverture des ''Cadres sociaux de la mémoire''.]]
[[en:Maurice Halbwachs]]
Maurice Halbwachs a été l'auteur de nombreux ouvrages de sociologie. Son œuvre, tout entière dans le sillage d'[[Émile Durkheim]], mais également marquée par l’influence de [[Henri Bergson]] dont il a été l’élève, connaît un nouvel intérêt depuis une trentaine d'années ; cela s'est entre autres traduit par la réédition critique des ''Cadres sociaux de la mémoire'' par Gérard Namer en 1994.
[[ja:モーリス・アルブヴァクス]]

[[pl:Maurice Halbwachs]]
À Strasbourg, Maurice Halbwachs publie beaucoup. Il contribue à la diffusion des œuvres d'auteurs allemands, anglais, italiens dont [[Vilfredo Pareto]], [[Corrado Gini]], [[Karl Mannheim]], [[George Herbert Mead]], [[Werner Sombart]], [[Max Weber]], [[Edvard Westermarck]], [[Ernst Cassirer]]... Il participe avec le mathématicien [[René Maurice Fréchet|Maurice Fréchet]] à l'invention de mesures statistiques et publie ''Le Calcul des probabilités à la portée de tous''.
[[pt:Maurice Halbwachs]]

Il se passionne pour la réflexion méthodologique. Il publie de nombreux articles sur des sujets très divers, dont la démographie. Il publie une étude sur ''Les Origines du sentiment religieux d'après Durkheim'', dans laquelle il défend, face aux enseignants des facultés de théologie de Strasbourg, les thèses de Durkheim sur les fondements des religions dans la « vie sociale ».

En 1925, il publie une analyse de l'importance des ''Cadres sociaux de la mémoire'' dans l'organisation des souvenirs individuels, et, en 1928, une enquête sur les rapports entre l'organisation de l'espace urbain et la place des groupes sociaux, intitulée ''La population et les tracés de voies à Paris, depuis un siècle''.

En outre, il fait paraître les ''Causes du suicide'' dans laquelle l'analyse de Durkheim se trouve à la fois approfondie (extension du raisonnement sociologique au cas de suicides liés à des pathologies psychiatriques) et invalidée (rejet des suicides anomique et altruiste), grâce à des prospections statistiques plus raffinées.

Halbwachs multiplie les observations et les statistiques sur la situation des classes sociales. Une fois élu à la Sorbonne, il reprend ces données dans son cours sur « Les classes sociales » et s'intéresse tout particulièrement aux ouvriers {{incise|sujet qu'il avait déjà traité dans sa thèse de doctorat}} dans ''L'Évolution des besoins dans les classes ouvrières'' (sa thèse complémentaire portait sur la théorie de l'homme moyen d'[[Adolphe Quetelet]]). Pour lui, la caractéristique essentielle de cette classe est d'être {{cita|obligée de renoncer, dans leur travail du moins, et pendant qu'ils l'exercent, à la vie sociale même et aux liens sociaux...}}

À Paris, durant sa « dernière période », il rédige de nombreux textes importants sur le plan théorique, qui serviront d'une part à la publication d'une ''Esquisse d'une psychologie des classes sociales'' (1955), ainsi qu'à publication de ''La Mémoire collective'' en 1950 aux Presses Universitaires de France (ré-édité et remanié en 1997<ref>{{Ouvrage|auteur1=Maurice Halbwachs|titre=La mémoire collective|éditeur=Albin Michel|date=1997|pages totales=304|isbn=2226093206}}</ref>). Il publie une étude des variations de la « spatialisation » des souvenirs (''La Topographie légendaire des Évangiles en Terre Sainte : étude de mémoire collective'') en 1941, elle aussi ré-éditée depuis.

== Œuvres ==
[[Image:Maurice Halbwachs Morphologie sociale maitrier.jpg|thumb|Couverture de la ''Morphologie sociale.'']]
* ''Leibniz'', éd. Delaplane, 1907 (augmenté d'une introduction en 1928)
* ''La classe ouvrière et les niveaux de vie : recherches sur la hiérarchie des besoins dans les sociétés industrielles contemporaines'' (thèse de doctorat), Paris, [[Félix Alcan]], coll. « Bibliothèque de philosophie contemporaine », 1912
* ''La Théorie de l'homme moyen : essai sur Quételet et la statistique morale'', Paris, [[Félix Alcan]], coll. « Bibliothèque de philosophie contemporaine », 1913
* ''Le Calcul des probabilités à la portée de tous'', Paris, Librairie Dunod, 1924
* ''Les Cadres sociaux de la mémoire'', Paris, Albin Michel, coll. «L'Évolution de l'Humanité », 1994 (1925)
* ''La Population et les tracés de voies à Paris depuis cent ans'', PUF, 1928.
* ''Les Causes du suicide'', avant-propos de [[Marcel Mauss]], Presses universitaires de France 2002 (1930)
* ''La Statistique en Sociologie'', 1935
* ''Morphologie sociale'', Armand Colin, 1938, [[prix Fabien]] de l'[[Académie française]]
* ''Esquisse d'une psychologie des classes sociales'', Paris, Colin, 1938
* ''L'Espèce humaine du point de vue du nombre'', in ''Encyclopédie française'', tome VII, Paris, 1936 (en collaboration avec [[Alfred Sauvy]])
* ''La Topographie légendaire des Évangiles en Terre Sainte; étude de mémoire collective'', Presses universitaires de France, 2008 (1941).
* ''Les Classes sociales'', Presses universitaires de France, 2008 (1937).{{Gallica|id=bpt6k83523c}}
* ''Édition commentée du Contrat Social de Rousseau'', Aubier 1943.
* ''Classes sociales et morphologie'', éditions de Minuit, 1970 (recueil de textes et articles de Halbwachs)

* ''La Mémoire collective'', Albin Michel, coll. « L'Évolution de l'Humanité », 1997 (1950).

== Distinctions ==

=== Décorations ===

* {{Déco Chevalier de la Légion d'honneur}}{{Quand|date=13 février 2024}}
* {{Déco Médaille de la Résistance française}} à titre posthume (décret du 10 novembre 1955)<ref>{{Lien web |auteur=Ordre de la Libération - base des médaillés de la Résistance française |titre=Fiche Pierre Halbwachs |url=https://www.ordredelaliberation.fr/fr/medailles?fulltext=Halbwachs&items_per_page=10&sort_bef_combine=nom_ASC#resultats-medailles |consulté le=13/02/2024}}</ref>

=== Prix ===

* Prix scientifique Montyon (1925)
* [[Prix Fabien]] (1939)

== Hommages ==
Plusieurs lieux portent son nom :
* Une salle du [[Collège de France]].
* La bibliothèque du département de [[sociologie]] de l'[[université de Strasbourg]].
* Une salle de l'[[Université_Panthéon-Sorbonne#D.C3.A9partements_d.27.C3.A9tudes|UFR de philosophie]] de l'[[université Paris I]], à la [[Sorbonne]].
* Une [[unité mixte de recherche]] en sciences sociales s'appelle [[Centre Maurice-Halbwachs]].
*Un Amphithéâtre dans l'[[Université Paris-Descartes|université Paris Descartes]], Centre Henri Piéron.

== Notes et références ==
{{Références}}

== Voir aussi ==
{{Autres projets|commons=Category:Maurice Halbwachs}}
=== Bibliographie ===
* Michel Amiot, « Maurice Halbwachs, l'invention de la sociologie urbaine » dans ''Contre l'état, les sociologues. Éléments pour une histoire de la sociologie urbaine en France, 1900-1980'', EHESS, 1986, p. 13-33 {{ISBN|978-2-7132-0865-2}}
*[[Christian Baudelot]], [[Marie Jaisson]], ''Maurice Halbwachs, sociologue retrouvé'', Collection Figures normaliennes, [[Éditions Rue d'Ulm]], 2007, 168 pages{{ISBN|978-2-7288-0387-3}}
*Annette Becker, ''Maurice Halbwachs, un intellectuel en guerres mondiales 1914-1945'', Paris, Agnès Viénot, 2003 {{ISBN|2-914645-46-5}}
* [[Stephan Egger]] (Hg.), ''Maurice Halbwachs- Aspekte des Werks'', UVK Verlagsgesellschaft mbH, Konstanz, 2003 {{ISBN|3-89669-895-8}}
* Marie Jaisson, « Temps et espace chez Maurice Halbwachs (1925-1945) », Revue d'Histoire des Sciences Humaines, vol. 1, n°1, 1999, p. 163-178. Paris : Éditions Cairn. lire en ligne.
* Jean-Christophe Marcel, « Mauss et Halbwachs: vers la fondation d’une psychologie collective (1920-1945) », ''Sociologie et sociétés'', vol. 36, n°2, automne 2004, p. 73-90. Montréal : Les Presses de l’Université de Montréal. [http://classiques.uqac.ca/contemporains/marcel_jean_christophe/mauss_et_halbwachs/mauss_et_halbwachs.html lire en ligne]
* Gilles Montigny, ''Maurice Halbwachs : Vie, œuvre, concepts'', Éditeur : Ellipses Marketing ({{date-|25 mai 2005}}) Collection : Les grands théoriciens. {{ISBN|2-7298-2341-7}}
* [[Christian de Montlibert]] (dir.), ''Maurice Halbwachs 1877-1945'', Strasbourg, Presses Universitaires de Strasbourg, 1997 {{ISBN|2-86820-679-4}}
* [[Christian de Montlibert]], Maurice Halbwachs à Strasbourg : une philosophie rationaliste en action, ''[[Revue des Sciences Sociales]]'', 2008, n°40, p. 82-93
* [[Christian de Montlibert]], ''Une histoire qui fait l'Histoire: la mort de Maurice Halbwachs à Buchenwald, [[Revue des Sciences Sociales]]'', 2006, n° 35, pp.114-121
* Bruno Péquignot (dir.), ''Maurice Halbwachs : le temps, la mémoire et l'émotion'', Paris, éditions L'Harmattan, 2007.
* [[Christian Topalov]], Maurice Halbwachs et les villes (1908-1912). Une enquête d'histoire sociale des sciences sociales, ''[[Annales (revue)|Annales, Histoire et sciences sociales]]'', vol. 53, n° 5, 1997, p. 1057-1083
* [[Michel Verret]], ''Lectures sociologiques: Bourdieu, Passeron, Hoggart, Halbwachs, Janet, Le Play, Girard, Naville'', Paris, Harmattan, 2009 {{ISBN|978-2-296-10391-7}}
*[[Michel Verret]], ''Halbwachs ou le deuxième âge du durkheimisme,'' ''[[Cahiers internationaux de sociologie|Cahiers Internationaux De Sociologie]]'', vol. 53, 1972, p. 311-336
*Dietmar Wetzel, ''Maurice Halbwachs'', Konstanz, UVK Verlagsgesellschaft, 2009 {{ISBN|978-3-86764-106-7}}
* Olivier Martin, « Raison statistique et raison sociologique chez Maurice Halbwachs », ''Revue d'Histoire des Sciences Humaines'', vol. n<sup>o</sup> 1, no. 1, 1999, pp. 69-101.
* Gérard Namer, ''Halbwachs et la mémoire sociale'', Paris, L’Harmattan, 2000 {{ISBN|2-7384-9595-8}}
* Realino Marra, ''Halbwachs, la memoria collettiva e lo spazio giuridico'', in « Sociologia del diritto », XV-1, 1988, pp. 141-50
* Lorenzo Migliorati, ''Al falò della vita sociale. Maurice Halbwachs e la sociologia dei consumi'', in M. Halbwachs, ''Come vive la classe operaia. La gerarchia dei bisogni nelle società industriali complesse'', a cura di D. Secondulfo e L. Migliorati, Roma, Carocci, 2014, pp. XV-XXXVIII
* Teresa Grande, Lorenzo Migliorati (a cura di), ''Maurice Halbwachs. Un sociologo della complessità sociale'', Morlacchi, Perugia, 2016 {{ISBN|978-8-8607-4797-6}}

=== Liens externes ===
{{Liens}}
* Ressources relatives à la recherche: Les Classiques des sciences sociales [http://classiques.uqac.ca/classiques/Halbwachs_maurice/halbwachs.html]
{{Portail|France|Seconde Guerre mondiale|sociologie|judaïsme|Shoah}}

{{DEFAULTSORT:Halbwachs, Maurice}}
[[Catégorie:Naissance en mars 1877]]
[[Catégorie:Naissance à Reims]]
[[Catégorie:Sociologue français du XXe siècle]]
[[Catégorie:Sociologue influencé par Émile Durkheim]]
[[Catégorie:Professeur de sociologie]]
[[Catégorie:Enseignant à l'université de Strasbourg]]
[[Catégorie:Élève de l'École normale supérieure]]
[[Catégorie:Agrégé de philosophie]]
[[Catégorie:Chevalier de la Légion d'honneur (date non précisée)]]
[[Catégorie:Titulaire de la médaille de la Résistance française]]
[[Catégorie:Collaborateur de L'Humanité]]
[[Catégorie:Étudiant de l'université de Göttingen]]
[[Catégorie:Déporté au camp de concentration de Buchenwald]]
[[Catégorie:Victime de la Shoah en France]]
[[Catégorie:Victime française de la Shoah]]
[[Catégorie:Victime de la Shoah en Allemagne]]
[[Catégorie:Décès en mars 1945]]
[[Catégorie:Décès à Buchenwald]]
[[Catégorie:Décès à 68 ans]]
[[Catégorie:Mort de la dysenterie]]
[[Catégorie:Professeur à l'université nouvelle de Bruxelles]]

Dernière version du 25 juillet 2024 à 04:53

Maurice Halbwachs est un sociologue français de l'école durkheimienne né à Reims le et mort en déportation à Buchenwald le .

Il est l'auteur d'une thèse intitulée « La classe ouvrière et les niveaux de vie ». Un de ses livres les plus connus, Les Cadres sociaux de la mémoire, se concentre sur la dimension sociale de la mémoire, avec un accent particulier sur la mémoire collective. Par ce travail, il a contribué à en faire un champ d'étude sociologique distinct.

Famille et formation

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Maurice Halbwachs est le fils de Gustave Halbwachs[1], professeur d’allemand au lycée de Reims et au lycée Saint-Louis de Paris ; il a une sœur, la professeure de philosophie Jeanne Halbwachs[2].

Il est élève à l’École normale supérieure (promotion 1898), disciple d'Émile Durkheim (il entre dans l'équipe de L'Année sociologique en 1905, probablement grâce à François Simiand), il est agrégé de philosophie (reçu troisième en 1901)[3], docteur en droit (1909) et en lettres, avec une thèse sur « Quetelet et la statistique morale », et une autre sur « La classe ouvrière et les niveaux de vie » (1913).

Il enseigne à Constantine de à [4], puis à Montpellier de mai à [5]. De 1902 à 1908, il se met en congé pour reprendre ses études de droit, il est lecteur à l'université de Göttingen, où il séjourne en 1903-1904, et où il écrit un ouvrage sur Leibniz, tout en s'initiant à l'économie politique allemande[6]. En 1909 il voyage à Berlin, où il est correspondant de L'Humanité mais, après un article relatant la répression d'une grève par la police, il est expulsé[7]. Il est professeur au lycée de Reims de 1908 à 1909, et à Tours de 1910 à 1914.

Il épouse en deuxièmes noces Yvonne Basch[8], fille de Victor Basch, cofondateur avec Ludovic Trarieux et Lucien Herr puis président de la Ligue française pour la défense des droits de l'homme et du citoyen. Ensemble, ils auront deux fils : Pierre et Francis.

Carrière universitaire

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Envoi autographe de Georges Dumézil à Maurice Halbwachs.
Fonds Maurice Halbwachs de la Bibliothèque de sciences humaines et sociales Paris Descartes-CNRS.

Il est professeur de philosophie au lycée Henri-Poincaré de Nancy (1914-1918). Mobilisé, il travaille au ministère de l'Armement avec Albert Thomas de à . Il est nommé maître de conférences de philosophie à la faculté de lettres de Caen puis, en 1919, professeur de sociologie à la faculté de Strasbourg redevenue française, et dont l'Etat veut faire une vitrine de la reconstruction. Il y côtoie les historiens Lucien Febvre et Marc Bloch, mais aussi le psychologue Charles Blondel, avec qui il entretient des rapports intellectuels étroits mais ambivalents, à la fois amicaux et rivaux. Il y participe à une expérience pédagogique originale par un cours commun de statistique avec le mathématicien Maurice Fréchet à l'Institut Commercial d'Enseignement Supérieur nouvellement créé, et rédige avec lui "Le Calcul des probabilités à la portée de tous" [9].

En 1930, il participe au troisième cours universitaire de Davos, avec de nombreux autres intellectuels français et allemands[10], et est visiting professor à l'université de Chicago, où il fait la connaissance de Ernest Burgess et Robert E. Park. En 1935, Halbwachs obtient une chaire à la Sorbonne. Il y officie successivement en qualité de suppléant d'histoire de l'économie sociale (1935-1937), professeur de méthodologie et logique des sciences (1937) puis professeur de sociologie (1939)[11].

Halbwachs voyage beaucoup (notamment en Égypte ou au Moyen-Orient à deux reprises, pour son étude sur les lieux saints[12]) et est nommé président de l’Institut français de sociologie en 1938.

Déportation au camp de Buchenwald

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Dès 1938, il participe à l’accueil d’intellectuels juifs fuyant l’Allemagne et l’Autriche et les persécutions nazies. En 1940, il rejoint le réseau de renseignements Thermopyles. Sa belle-famille, son épouse, Yvonne Basch[13], et donc ses fils sont de confession juive et subissent eux-mêmes les persécutions. Il intervient en leur faveur à plusieurs reprises mais ne peut empêcher l'exécution sommaire de ses beaux-parents, réfugiés en zone libre, par la Milice en 1944.

Le , il est élu à la chaire de psychologie collective au Collège de France.

En juillet 1944 son fils Pierre est arrêté par la Gestapo en tant que résistant. Le [14], il subit le même sort, en tant que père d'un « terroriste ». Interné à Fresnes puis déporté par le convoi du 15 août 1944 à Buchenwald, il y meurt de la dysenterie[15].

Jorge Semprún, déporté avec lui, a raconté ses conversations avec le sociologue mourant[16].

Œuvre sociologique

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Couverture des Cadres sociaux de la mémoire.

Maurice Halbwachs a été l'auteur de nombreux ouvrages de sociologie. Son œuvre, tout entière dans le sillage d'Émile Durkheim, mais également marquée par l’influence de Henri Bergson dont il a été l’élève, connaît un nouvel intérêt depuis une trentaine d'années ; cela s'est entre autres traduit par la réédition critique des Cadres sociaux de la mémoire par Gérard Namer en 1994.

À Strasbourg, Maurice Halbwachs publie beaucoup. Il contribue à la diffusion des œuvres d'auteurs allemands, anglais, italiens dont Vilfredo Pareto, Corrado Gini, Karl Mannheim, George Herbert Mead, Werner Sombart, Max Weber, Edvard Westermarck, Ernst Cassirer... Il participe avec le mathématicien Maurice Fréchet à l'invention de mesures statistiques et publie Le Calcul des probabilités à la portée de tous.

Il se passionne pour la réflexion méthodologique. Il publie de nombreux articles sur des sujets très divers, dont la démographie. Il publie une étude sur Les Origines du sentiment religieux d'après Durkheim, dans laquelle il défend, face aux enseignants des facultés de théologie de Strasbourg, les thèses de Durkheim sur les fondements des religions dans la « vie sociale ».

En 1925, il publie une analyse de l'importance des Cadres sociaux de la mémoire dans l'organisation des souvenirs individuels, et, en 1928, une enquête sur les rapports entre l'organisation de l'espace urbain et la place des groupes sociaux, intitulée La population et les tracés de voies à Paris, depuis un siècle.

En outre, il fait paraître les Causes du suicide dans laquelle l'analyse de Durkheim se trouve à la fois approfondie (extension du raisonnement sociologique au cas de suicides liés à des pathologies psychiatriques) et invalidée (rejet des suicides anomique et altruiste), grâce à des prospections statistiques plus raffinées.

Halbwachs multiplie les observations et les statistiques sur la situation des classes sociales. Une fois élu à la Sorbonne, il reprend ces données dans son cours sur « Les classes sociales » et s'intéresse tout particulièrement aux ouvriers — sujet qu'il avait déjà traité dans sa thèse de doctorat — dans L'Évolution des besoins dans les classes ouvrières (sa thèse complémentaire portait sur la théorie de l'homme moyen d'Adolphe Quetelet). Pour lui, la caractéristique essentielle de cette classe est d'être « obligée de renoncer, dans leur travail du moins, et pendant qu'ils l'exercent, à la vie sociale même et aux liens sociaux... »

À Paris, durant sa « dernière période », il rédige de nombreux textes importants sur le plan théorique, qui serviront d'une part à la publication d'une Esquisse d'une psychologie des classes sociales (1955), ainsi qu'à publication de La Mémoire collective en 1950 aux Presses Universitaires de France (ré-édité et remanié en 1997[17]). Il publie une étude des variations de la « spatialisation » des souvenirs (La Topographie légendaire des Évangiles en Terre Sainte : étude de mémoire collective) en 1941, elle aussi ré-éditée depuis.

Couverture de la Morphologie sociale.
  • Leibniz, éd. Delaplane, 1907 (augmenté d'une introduction en 1928)
  • La classe ouvrière et les niveaux de vie : recherches sur la hiérarchie des besoins dans les sociétés industrielles contemporaines (thèse de doctorat), Paris, Félix Alcan, coll. « Bibliothèque de philosophie contemporaine », 1912
  • La Théorie de l'homme moyen : essai sur Quételet et la statistique morale, Paris, Félix Alcan, coll. « Bibliothèque de philosophie contemporaine », 1913
  • Le Calcul des probabilités à la portée de tous, Paris, Librairie Dunod, 1924
  • Les Cadres sociaux de la mémoire, Paris, Albin Michel, coll. «L'Évolution de l'Humanité », 1994 (1925)
  • La Population et les tracés de voies à Paris depuis cent ans, PUF, 1928.
  • Les Causes du suicide, avant-propos de Marcel Mauss, Presses universitaires de France 2002 (1930)
  • La Statistique en Sociologie, 1935
  • Morphologie sociale, Armand Colin, 1938, prix Fabien de l'Académie française
  • Esquisse d'une psychologie des classes sociales, Paris, Colin, 1938
  • L'Espèce humaine du point de vue du nombre, in Encyclopédie française, tome VII, Paris, 1936 (en collaboration avec Alfred Sauvy)
  • La Topographie légendaire des Évangiles en Terre Sainte; étude de mémoire collective, Presses universitaires de France, 2008 (1941).
  • Les Classes sociales, Presses universitaires de France, 2008 (1937).lire en ligne sur Gallica
  • Édition commentée du Contrat Social de Rousseau, Aubier 1943.
  • Classes sociales et morphologie, éditions de Minuit, 1970 (recueil de textes et articles de Halbwachs)
  • La Mémoire collective, Albin Michel, coll. « L'Évolution de l'Humanité », 1997 (1950).

Distinctions

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Décorations

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Plusieurs lieux portent son nom :

Notes et références

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  1. Voir sur cairn.info.
  2. Nicole Racine, « Cédric Weis, Jeanne Alexandre (1890-1980). Une pacifiste intégrale », sur Le Maitron, (consulté le ).
  3. « Les agrégés de l'enseignement secondaire. Répertoire 1809-1960 | Ressources numériques en histoire de l'éducation », sur rhe.ish-lyon.cnrs.fr (consulté le ).
  4. Christian Topalov, « Maurice Halbwachs et les sociologues de Chicago », Revue française de sociologie, vol. 47, no 3,‎ , p. 561 (ISSN 0035-2969 et 1958-5691, DOI 10.3917/rfs.473.0561, lire en ligne, consulté le )
  5. Christian Topalov, « Maurice Halbwachs, photographe des taudis parisiens (1908) », Genèses, vol. 28, no 1,‎ , p. 128–145 (ISSN 1155-3219, DOI 10.3406/genes.1997.1469, lire en ligne, consulté le )
  6. Mesure, Sylvie. et Savidan, Patrick, 1965-, Dictionnaire des sciences humaines, PUF, (ISBN 2-13-055710-4 et 978-2-13-055710-4, OCLC 300851577, lire en ligne)
  7. Antonin Durand, « Le voyage de Maurice Halbwachs à Berlin et Vienne en 1910-1911 », Genèses, vol. 110, no 1,‎ , p. 115 (ISSN 1155-3219 et 1776-2944, DOI 10.3917/gen.110.0115, lire en ligne, consulté le )
  8. Yvonne Basch est née le 5 mars 1889 à Rennes et est morte le 7 mai 1975 à Aix-en-Provence. Voir, (en) Yvonne Halbwachs (Basch). geni.com.
  9. Laurent Mazliak, "La mission strasbourgeoise de Maurice Fréchet"[1]
  10. Martin Grandjean, Les cours universitaires de Davos 1928-1931. Au centre de l'Europe intellectuelle, Université de Lausanne, 2011
  11. Christophe Charle, « 46. Halbwachs (Louis, Maurice) », Publications de l'Institut national de recherche pédagogique, vol. 2, no 2,‎ , p. 99–101 (lire en ligne, consulté le )
  12. Maurice Halbwachs, La topographie légendaire des Évangiles en Terre sainte: étude de mémoire collective, PUF, (ISBN 978-2-13-078897-3)
  13. (en) Benjamin Ivry. Maurice Halbwachs: A Kaddish From Baudelaire. forward.com. Septembre 6, 2012.
  14. Lettre du 27 juillet 1944 d'Yvonne Halbwachs à Edmond Faral. Archives du Collège de France, dossier 16 CDF 182, art. 8.
  15. Nicolas Haesler, « Dominique Orlowski, Buchenwald par ses témoins. Histoire et dictionnaire du camp et ses Kommandos », Lectures,‎ (ISSN 2116-5289, DOI 10.4000/lectures.17448, lire en ligne, consulté le )
  16. Voir L'Écriture ou la Vie, Le Travail de l'histoire et Une tombe au creux des nuages, Climats, 2010.
  17. Maurice Halbwachs, La mémoire collective, Albin Michel, , 304 p. (ISBN 2226093206)
  18. Ordre de la Libération - base des médaillés de la Résistance française, « Fiche Pierre Halbwachs » (consulté le )

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Bibliographie

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  • Michel Amiot, « Maurice Halbwachs, l'invention de la sociologie urbaine » dans Contre l'état, les sociologues. Éléments pour une histoire de la sociologie urbaine en France, 1900-1980, EHESS, 1986, p. 13-33 (ISBN 978-2-7132-0865-2)
  • Christian Baudelot, Marie Jaisson, Maurice Halbwachs, sociologue retrouvé, Collection Figures normaliennes, Éditions Rue d'Ulm, 2007, 168 pages (ISBN 978-2-7288-0387-3)
  • Annette Becker, Maurice Halbwachs, un intellectuel en guerres mondiales 1914-1945, Paris, Agnès Viénot, 2003 (ISBN 2-914645-46-5)
  • Stephan Egger (Hg.), Maurice Halbwachs- Aspekte des Werks, UVK Verlagsgesellschaft mbH, Konstanz, 2003 (ISBN 3-89669-895-8)
  • Marie Jaisson, « Temps et espace chez Maurice Halbwachs (1925-1945) », Revue d'Histoire des Sciences Humaines, vol. 1, n°1, 1999, p. 163-178. Paris : Éditions Cairn. lire en ligne.
  • Jean-Christophe Marcel, « Mauss et Halbwachs: vers la fondation d’une psychologie collective (1920-1945) », Sociologie et sociétés, vol. 36, n°2, automne 2004, p. 73-90. Montréal : Les Presses de l’Université de Montréal. lire en ligne
  • Gilles Montigny, Maurice Halbwachs : Vie, œuvre, concepts, Éditeur : Ellipses Marketing () Collection : Les grands théoriciens. (ISBN 2-7298-2341-7)
  • Christian de Montlibert (dir.), Maurice Halbwachs 1877-1945, Strasbourg, Presses Universitaires de Strasbourg, 1997 (ISBN 2-86820-679-4)
  • Christian de Montlibert, Maurice Halbwachs à Strasbourg : une philosophie rationaliste en action, Revue des Sciences Sociales, 2008, n°40, p. 82-93
  • Christian de Montlibert, Une histoire qui fait l'Histoire: la mort de Maurice Halbwachs à Buchenwald, Revue des Sciences Sociales, 2006, n° 35, pp.114-121
  • Bruno Péquignot (dir.), Maurice Halbwachs : le temps, la mémoire et l'émotion, Paris, éditions L'Harmattan, 2007.
  • Christian Topalov, Maurice Halbwachs et les villes (1908-1912). Une enquête d'histoire sociale des sciences sociales, Annales, Histoire et sciences sociales, vol. 53, n° 5, 1997, p. 1057-1083
  • Michel Verret, Lectures sociologiques: Bourdieu, Passeron, Hoggart, Halbwachs, Janet, Le Play, Girard, Naville, Paris, Harmattan, 2009 (ISBN 978-2-296-10391-7)
  • Michel Verret, Halbwachs ou le deuxième âge du durkheimisme, Cahiers Internationaux De Sociologie, vol. 53, 1972, p. 311-336
  • Dietmar Wetzel, Maurice Halbwachs, Konstanz, UVK Verlagsgesellschaft, 2009 (ISBN 978-3-86764-106-7)
  • Olivier Martin, « Raison statistique et raison sociologique chez Maurice Halbwachs », Revue d'Histoire des Sciences Humaines, vol. no 1, no. 1, 1999, pp. 69-101.
  • Gérard Namer, Halbwachs et la mémoire sociale, Paris, L’Harmattan, 2000 (ISBN 2-7384-9595-8)
  • Realino Marra, Halbwachs, la memoria collettiva e lo spazio giuridico, in « Sociologia del diritto », XV-1, 1988, pp. 141-50
  • Lorenzo Migliorati, Al falò della vita sociale. Maurice Halbwachs e la sociologia dei consumi, in M. Halbwachs, Come vive la classe operaia. La gerarchia dei bisogni nelle società industriali complesse, a cura di D. Secondulfo e L. Migliorati, Roma, Carocci, 2014, pp. XV-XXXVIII
  • Teresa Grande, Lorenzo Migliorati (a cura di), Maurice Halbwachs. Un sociologo della complessità sociale, Morlacchi, Perugia, 2016 (ISBN 978-8-8607-4797-6)

Liens externes

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