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1er août 1936 : l'ouverture des Jeux de Berlin sous la botte nazie

La flamme olympique, partie en relais depuis Olympie, et ici à Dresde, arrive à Berlin pour l’ouverture des Jeux olympiques le 1er août 1936. Une tradition des Jeux modernes inaugurée par le régime nazi.
La flamme olympique, partie en relais depuis Olympie, et ici à Dresde, arrive à Berlin pour l’ouverture des Jeux olympiques le 1er août 1936. Une tradition des Jeux modernes inaugurée par le régime nazi. / Bridgeman Images

UN JOUR, UNE ARCHIVE DES JO – La cérémonie d'ouverture donne le ton : la XIe olympiade organisée à Berlin est l'outil d'une vaste propagande pour le IIIe Reich, dénonce ce jour-là Le Figaro.

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Une immense clameur accueille le chancelier du Reich lorsqu'il fait son entrée sur le stade olympique, descendant les marches de l'escalier qui surplombe la porte de Marathon. La foule se lève alors que la flamme olympique est apportée par le dernier coureur du relais parti d'Olympie. André Reichel, journaliste sportif du Figaro, est enchanté ce 1er août 1936 par la cérémonie d'ouverture à laquelle il vient d'assister à Berlin. 

Ambiance sylvestre

Tout est remarquablement organisé, note-t-il, à l'image du village olympique non loin où les athlètes s'entraînent dans une «ambiance sylvestre sous le chant des oiseaux». 

«Les sautoirs sont excellents, se félicite encore l'envoyé spécial du quotidien parisien, les pistes bien tracées; des javelots, des poids, des disques sont à la disposition des lanceurs; la piscine est claire, la salle de gymnastique spacieuse, les salles de boxe, de lutte, d'escrime bien aérées. La grande fête du sport a un cadre digne d'elle.»

Les millions de Goebbels

Le pari est réussi pour Adolf Hitler : faire du sport, un vaste outil de propagande. L'éditorialiste du Figaro, lui, ne s'en laisse pas conter et dénonce la poudre aux yeux lancée par le régime nazi. «Il faudrait être bien sot», avertit Wladimir d’Ormesson, pour ne pas apercevoir dans cette manifestation «le côté politique ni les multiples profits que le IIIe Reich en recueillera sur tous les plans». 

Gare à ne pas se laisser séduire par les millions dépensés par le docteur Goebbels : «Les nuits du 30 juin [nuit des longs couteaux, NDLR], les pactes qu'on piétine s'oublient vite. Les camps de concentration ne se voient pas. La terreur dictatoriale est légère aux étrangers. Ceux-ci ne remarquent pas non plus les usines de guerre qui fument jour et nuit dans la Rühr et en Silésie, pour préparer quoi?... Non. Ce que les spectateurs des Jeux olympiques verront, au contraire, c'est une jeunesse ardente et belle, une ville brillante, un déploiement discipliné de musiques et de muscles, une ordonnance impériale et l'allégresse, et l'élan, et la sève de tout un peuple.»

Il ne faudrait pas ensuite que les «propagandés» deviennent des «propagandistes». 

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36 commentaires
  • anonyme 21576

    le

    Dans 40 ans on sera écœurés de la cérémonie d'ouverture de nos jeux

  • Gascon65

    le

    La référence pour Marion Maréchal Le Pen.

  • VENDEE22

    le

    Aucune botte nazie. Les allemands dans leur majorité étaient plutôt satisfaits et fiers de ce que devenait leur pays, jadis en proie aux émeutes et a la pauvreté. quand on laisse l'anarchie et le chaos, la violence et l'impunité gangrèner une société comme sous Weimar, le retour de bâton est souvent très violent.

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