Paris : un mémorial pour les victimes de féminicide en 2020

Sarah, Virginie, Grâce, Mathilde, Claudette… Ces prénoms ont été affichés ce dimanche en lettres noires sur un mur du XIe arrondissement.

 Dans le QG pour des « colleuses » de Paris, en 2020. (Illustration)
Dans le QG pour des « colleuses » de Paris, en 2020. (Illustration) LP/Elise Viniacourt

    « Honorons nos mortes, protégeons nos vivantes » : une soixantaine de militantes ont dressé ce dimanche à Paris un « mémorial » pour les victimes de féminicides, en collant sur un mur les prénoms de 111 femmes tuées en 2020. Sarah, Virginie, Grâce, Mathilde, Claudette… Les prénoms des victimes ont été affichés en lettres noires sur un mur du XIe arrondissement, situé dans un passage couvert, à l'abri des intempéries.

    « En 2020, le patriarcat tue encore : 98 féminicides conjugaux, 11 travailleurs ou travailleuses du sexe et 2 personnes transgenres tuées », proclamait une autre inscription déployée en face de ce mémorial.

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    Ce chiffre de 98 féminicides - recensés par le collectif associatif « Féminicides par compagnon ou ex », est inférieur aux 146 comptabilisés officiellement en 2019. « Mais en 2020, il y a eu beaucoup plus de violences » contre les femmes, a affirmé à l'AFP Camille, une des porte-parole du mouvement des « Colleuses ».

    Selon la ministre déléguée à la Citoyenneté, Marlène Schiappa, la plateforme de signalement en ligne des violences sexuelles et sexistes a enregistré une hausse de 60 % des appels de victimes pendant le deuxième confinement par rapport à la normale, alors que cette hausse était de 40 % pendant le premier confinement du printemps 2020.

    « On entend la voisine crier et on n'ose pas s'en mêler »

    Les « colleuses », juchées sur des escabeaux ou des poubelles pour placarder leurs affiches et accrocher des bouquets de fleurs entre les prénoms des victimes, ont également collé des slogans tels que « Etat coupable, justice complice », « Plus écoutées mortes que vivantes », ou « Des réformes avant qu'on soit mortes ».

    « Le gouvernement n'agit pas assez » contre le fléau des féminicides, a résumé Camille, qui réclame « de l'argent, des moyens pour les associations », ainsi qu'un déploiement plus rapide des bracelets anti-rapprochement, destinés à tenir à distance les conjoints ou ex-conjoints violents. Ces actions de collage, menées régulièrement partout dans Paris et sa banlieue, doivent aussi contribuer à mobiliser les citoyens, selon elle : « Il ne faut pas fermer les yeux : on entend la voisine crier, et on n'ose pas s'en mêler, ce n'est plus possible ! »